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Asturies : Le lundi au soleil, le samedi à l’ombre. 3 ans de prison pour une caméra de surveillance brisée

lundi 2 juillet 2007, par Autres mouvements

Deux syndicalistes asturiens condamnés à trois ans de prison pour avoir prétendument brisé une caméra de surveillance.

Peut-être avez-vous vu le film « Les lundis au soleil » (Los lunes al sol), de Fernando León de Aranoa sorti en 2002. Dans ce superbe film, le personnage principal, incarné par Javier Bardem, est un ouvrier des chantiers navals galiciens au chômage, licencié après avoir mené avec ses camarades un combat épique contre la fermeture de son entreprise - pour le seul profit de la spéculation immobilière. Pour avoir détruit un lampadaire lors d’affrontements avec la police, il est condamné à payer une amende salée vu ses faibles revenus.

Aujourd’hui, la réalité dépasse largement la fiction. Les travailleurs asturiens de « Naval Gijon SA », qui avaient inspiré ce film au réalisateur à l’époque, ont à nouveau menés en mars 2005 des luttes combattives pour la défense de leurs emplois. Il s’agissait pour eux de s’opposer à la fermeture pure et simple de leur entreprise afin de permettre la revente des terrains qu’elle occupe, idéalement situés en front de mer, pour la construction d’appartements de luxe.

Lors des heurts avec la police, le boitier de contrôle d’une caméra de surveillance urbaine de la municipalité de Gijon a été détruite. Après qu’une plainte ait été déposée par cette municipalité - qui réclame une amende de 5.624 euros - deux syndicalistes de combat, Candido González Carnero et Juan Manuel Martinez Morala, ont été inculpés, condamnés sur base des lois antiterroristes à trois ans de prison après un procès entaché de multiples irrégularités et mis sous les verrous depuis le samedi 16 juin dernier.

Les faits sont extrêmement graves et créent un précédent dangereux. C’est la première fois depuis la fin de la dictature franquiste que des syndicalistes sont condamnés à des peines de prison. Qui plus est pour des faits minimes pour lesquels des preuves filmées par la police elle-même - mais que le juge a refusé par deux fois de visionner - les disculpent clairement. Et qui plus est par la faute d’une municipalité dirigée par deux partis de "gauche" : le Parti socialiste et Izquierda Unida.

Cette dernière organisation traverse d’ailleurs aux Asturies une crise interne extrêmement grave et une division violente - y compris par des heurts physiques - entre une aile co-gestionnaire et social-libérale et un courant contestataire. Des centaines de membres de ce courant ont récemment été exclus par la direction régionale. L’arrestation de Candido et Morala, survenue au moment même où les édiles du PSOE et d’IU festoyaient leur nouvel accord de gouvernement, ne fait qu’accentuer encore cette crise et la dérive droitière de la direction majoritaire.

Candido et Morala sont deux militants d’une cinquantaine d’années à la longue trajectoire syndicale. Ils sont respectivement l’ancien et l’actuel secrétaire du syndicat asturien autonome « Corriente Sindical de Izquierda » ; un syndicat anticapitaliste, bien implanté parmi les ouvriers des chantiers navals et qui s’interdit dans ses statuts d’avoir des permanents. La sentence inacceptable dont ils sont l’objet vise donc à briser la farouche résistance des ouvriers des chantiers navals aux projets de spéculation immobilière sur le dos de leurs emplois. Et au-delà, car il est clair qu’à travers la condamnation de Candido et Morala, c’est la résistance des travailleurs aux fermetures et aux politiques néolibérales ou social-libérales que l’ont veut intimider par la répression et la criminalisation pure et dure. Ces faits inadmissibles doivent donc interpeler et faire réagir tous les syndicalistes, tous les militants progressistes en Europe.

La LRC vous appelle ainsi à envoyer des messages et des motions de solidarité envers Candido et Morala ainsi qu’à exiger des autorités municipales et régionales asturiennes leur libération immédiate.


Pour ce faire, écrivez par mail :
au syndicat Corriente Sindical de Izquierda csi@csi-asturies.org
avec copie au comité de soutien bruxellois à solidaritecandidoymorala@yahoo.fr

Et par fax à
La mairie de Gijon : 00 34 985 181 182
Ministère des Asturies : 00 34 985 256 564


Nous vous invitons également à envoyer des messages de soutien à Candido et Morala :

CENTRO PENITENCIARIO DE VILLABONA
Cándido González Carnero y Juan Manuel Martínez Morala
Modulo 2 Finca Tabladiello - 33480 Villabona - Llanera - (Asturias)


Source : Indymedia-Paris

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