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Les auxiliaires de vie scolaire (AVS) d’Auvergne s’organisent

Grève et rassemblement le 15 novembre 2007

jeudi 18 octobre 2007, par des précaires

Avant les vacances d’été 2007, un collectif d’AVS (auxiliaires de vie scolaire, chargés, essentiellement, de l’accompagnement d’enfants handicapés dans les écoles) se crée dans l’académie de Clermont-Ferrand.

Première réunion avant l’été : compte-rendu

Une première réunion se tient le 27 juin 2007, regroupant une vingtaine d’AVS et une demi-douzaine de syndicalistes de SUD.

Un tour de table où les personnes se sont présentées a permis de faire ressortir de grandes disparités dans nos fonctions :

  • Sur 21 AVS présents, seuls 6 sont embauchés à temps plein, les autres travaillent à 3/4 temps voir à mi-temps. Certains d’entre nous ont pu voir leur temps de travail diminué sans que cela soit un choix de leur part.Pour d’autre, une augmentation significative de leur temps de travail sans pour autant bénéficier d’un salaire supérieur (une collègue passe ainsi de 24h à 30h par semaine en restant à 3/4temps),
  • Beaucoup d’entre nous travaillent sur plusieurs écoles (4 pour certains) et ont de nombreux kilomètres à parcourir (130 kms par jour pour une collègue !) sans percevoir d’indemnité de déplacement. De la même manière les repas de midi pris sur le temps de travail, ne sont pas toujours remboursés car cela dépend des mairies.
  • Si les AVSi [pour l’intégration individuelle] bénéficient de 20 heures d’information sur le métier lors de leur 1ère année, les AVSco [pour l’intégration collective] n’ont, quant-à eux aucune formation !

Certains AVS ont travaillé dans d’autres départements (Pas de Calais et Cher) et nous ont fait part des différences de fonctionnement. Dans le Cher, les AVS ont 100 heures de « réelles » formations. Ils sont formés et obtiennent, à titre d’exemple, l’AFPS(Attestation de Formation aux Premiers Secours) ou des indications sur le sport et le handicap.

Ainsi il ressort de cette réunion, plusieurs revendications :

✔ Au niveau de la formation : il serait souhaitable que l’on puisse bénéficier d’une réelle formation certifiante et diplomante.

✔ Au niveau du statut : il apparaît comme une évidence le fait qu’il faille sortir du statut d’assistant d’éducation pour obtenir une vraie reconnaissance de notre métier. Il faut qu’Auxiliaire de Vie Scolaire soit considéré comme un réel métier de la fonction publique.

✔ Faire valoir l’expérience acquise pendant les 6 années.

Beaucoup d’entre nous, essentiellement dans les écoles privées, sont remplacés par des EVS (Emploi de Vie Scolaire). Ces nouveaux contrats, encore plus précaires, nous sont mis en concurrence. Or certains EVS font le même travail que nous. Il semble évident que nous devons être solidaires et invitons donc les EVS à nous rejoindre. Nous ne voulons plus de précarité dans les métiers du handicap.

Le syndicat a fait remarqué que plus de la moitié des AVS s’étaient manifesté ce jour , ce qui selon eux, et pour une première réunion, est le signe d’une grande mobilisation. Ceci est donc très encourageant pour la suite !

Le collectif repart dès la rentrée 2007 !


Rentrée chargée pour les AVS en lutte : réunion de rentrée dès le 31 août, et rassemblement le 12 septembre, où sont conviés les parents d’enfants handicapés, les associations de parents et d’enfant porteur de handicap, les intituteurs ainsi que tout le personnel d’éducation de manière générale.

Etaient notamment présents, outre les AVS et des personnes de SUD éducation, des parents d’élèves en situation de handicap, des enseignants, un C.P.E. (conseiller principal d’Education,, dans les collèges et lycées), des personnes venant se renseigner sur le boulot d’AVS...

La réunion a débuté par un rappel des réunions précédentes.

Puis différents problèmes ont été abordés :

- Le remplacement des AVS par des EVS qui ont un statut encore plus précaire.

- Le remboursement des frais kilométriques entre les différents lieux de travail : dans l’académie de Tour les AVS ont obtenu leur dédommagement en faisant pression auprès de l’inspection d’académie.

- Le travail des AVS co en collège : selon les établissements, il est possible de leur demander d’effectuer le travail d’AED [assistant d’education], des tâches relevant de la vie scolaire par exemple. D’un établissement à un autre, leur travail peut donc être très variable. Certains demandent des qualifications particulières comme la maîtrise de la langue des signes, et bien sûr, sans compensation financière.

Ceci démontre, encore une fois, qu’une homogénisation du métier est indispensable.

  • nos supérieurs nous conseillent de penser à une reconversion professionnelle alors que nous ne disposons en réalité d’aucun moyen technique pour accéder à une formation. Celle-ci se déroulant durant notre temps de travail et que les 200h de formation annuelle auquelles nous pouvons prédendre, ont jusqu’ici toujours étaient refusées.

On peut ici faire la remarque que les établissements ne sont plus dans l’obligation d’embaucher des étudiants aux postes d’AED et D’AVS. Il n’est plus rare d’y rencontrer des personnes de 40/50 ans.

  • La France est la lanterne rouge de l’Europe en matière de scolarisation des enfants handicapés. L’intégration est un problème récent et le Puy-de-Dôme fait figure de département pilote.

Les revendications de la réunion du 27 juin 2007 ont été maintenues, à savoir :

✔ Au niveau de la formation : il serait souhaitable que l’on puisse bénéficier d’une réelle formation certifiante et diplomante.

✔ Au niveau du statut : il apparaît comme une évidence le fait qu’il faille sortir du statut d’assistant d’éducation pour obtenir une vraie reconnaissance de notre métier. Il faut qu’Auxiliaire de Vie Scolaire soit considéré comme un réel métier de la fonction publique.

✔ Faire valoir l’expérience acquise pendant les 6 années.

Pour se faire connaître et entendre, nous avons décidé d’un mouvement regroupant le plus de personnes possibles , les AVS bien sûr, mais toutes les personnes désirant nous soutenir.
Il convient donc d’informer et de mobiliser les parents, les associations du monde du handicap et des parents d’élèves, les enseignants et les syndicats.
Une lettre devra être adressée également au président de la république, au premier ministre, ministre de l’éducation et au ministre de la santé.

Ce mouvement se traduira par :

La grève des AVS du Puy de Dôme
Accompagnée d’un rassemblement
Le 15 novembre 2007
A 11h devant le rectorat de Clermont-Ferrand


Un entretien avec le Recteur d’Académie sera demandé.

Le tract distribué notamment lors des manifs du 18 octobre

Le collectif des AVS Auvergne

NON A LA PRECARITE
POUR LES AUXILIAIRES DE VIE SCOLAIRE

Les auxiliaires de vie scolaire (AVS) qui accompagnent et permettent la scolarité des élèves handicapés sont dans une situation précaire alors même que le gouvernement préconise une intégration massive des enfants en situation de handicap.

Pourtant, les contrats des AVS sont :

-  Soit disant destinés aux étudiants donc souvent à temps partiel.
-  de 1 an renouvelables 6 fois.
-  pour lesquels aucune formation n’est donnée alors que ce travail ne s’improvise pas.
-  pour lesquels la rémunération n’est prévue que pour le temps passé en présence de l’élève (ce qui exclut toutes les heures supplémentaires pour les temps de concertation avec les équipes éducatives et le temps d’autoformation).
-  non suffisants en nombre car certains élèves ont besoin d’AVS et à ce jour n’en ont pas.

Certains d’entre nous ont aujourd’hui 6 voire 10 ans d’expérience et n’ont, pour l’instant, aucun espoir de titularisation dans leur emploi.

Pour ces raisons, nous organisons une journée d’action et de grève, pour faire connaître nos revendications :

- LA PROFESSIONNALISATION de notre métier : une formation adaptée et reconnue sur le temps de travail.
- LA TITULARISATION du personnel en poste
- L’HOMOGÉNÉISATION DE NOS DROITS (remboursements des frais kilométriques entre les établissements, heures de travail effectuées, stabilité des postes d’une année sur l’autre, attribution des postes en fonction du domicile de l’AVS)
- LA RECONNAISSANCE de l’expérience acquise sur le terrain
- UN MÉTIER de la fonction publique


MOBILISONS-NOUS ET REJOIGNEZ-NOUS

POUR CETTE JOURNÉE D’ACTION QUI AURA LIEU :

LE JEUDI 15 NOVEMBRE À 11H DEVANT LE RECTORAT DE CLERMONT-FERRAND
(3 Avenue Vercingétorix)

Les AVS d’Auvergne se sont constitués en collectif
Vous pouvez nous contacter par mail :
avs.auvergne@yahoo.fr

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Messages

  • Bonjour,
    je ne veux pas répondre à cet article, je veux juste poser une question.
    Je suis maman d’un enfant de 5 ans handicapé qui est rentré en école maternelle fin octobre, juste avant les vacances, car il n’avait toujours pas d’AVS.
    Maintenant il va en école maternelle 6 heures dans la semaine (on lui a attribué 9heures) donc le lundi toute la journée, avec la coupure de midi.
    Deux fois par semaine il va en école spécialisée.
    Ma question est la suivante : l’AVS a eu une demi-journée de formation lundi avant les vacances de Noël et mon fils est donc resté à la maison sur demande de la Directrice, à ce moment là, ni l’AVS, ni la Directrice ne savaient si ces 3 heures allaient être rattrappées par l’AVS. Aujourd’hui, je demande à l’AVS si elle doit rettrapper les heures un autre jour et elle me répond non !
    La question est simple, je pense juste à mon enfant et je me dis pourquoi avec si peu d’heures n’est-il pas possible de rattrapper ?
    J’ajoute que je suis ABSOLUMENT FAVORABLE aux formations AVS, autant pour elles que pour les enfants qui en ont besoin, c’est uniquement que mon fils à si peu d’heures qu’il est dommage de lui en enlever encore. Merci pour votre réponse et je vous dis,moi maman d’enfant handicapé que vous avez toutes beaucoup de courage et tout mon respect et MERCI d’exister !!!! A bientôt.

    • Bonjour,

      Comme vous pourrez le vérifier sur http://www.snuipp.fr/Kisaitou/CHAPITRE_A97.html#2718259, les heures de formation des AVS sont prises sur le temps de travail. L’AVS n’a donc pas à rattraper les heures.

      Il est probable que l’AVS de votre enfant est employé à temps partiel ( une vingtaine d’heures par semaine payées à peu près au SMIC horaire) et s’occupe d’autres enfants dans la même situation de handicap tout en suivant des stages de formation.

      Il est certain que seuls des personnels préalablement formés et employés sur des postes statutaires à temps complet pourraient assurer le suivi permanent nécessaire. Telle est d’ailleurs la revendication formulée par les collectifs d’ AVS et d’EVS (Employé(e)s de Vie Scolaire qui font le même travail que les AVS dans des conditions encore plus déplorables). Le soutien des parents leur est indispensable.

      Cordialement,

    • Vous dites :[quote] "l’AVS a eu une demi-journée de formation lundi avant les vacances de Noël et mon fils est donc resté à la maison sur demande de la Directrice, à ce moment là, ni l’AVS, ni la Directrice ne savaient si ces 3 heures allaient être rattrappées par l’AVS."[/quote]

      L’école doit organiser l’accueil de l’enfant lorsque l’AVS est absente (pour formation ou pour une autre raison). L’absence de l’AVS ne permet pas à l’école de refuser l’accueil de l’enfant.

      Enfin, çà, c’est le principe. Tout çà doit être organisé dans le PPS (plan personnalisé de scolarisation).

    • Bonjour,
      Je suis, depuis la rentrée, AVS dans une petite école de campagne... Je m’occupe de 2 enfants, une petite fille de 9 ans en primaire, et un petit garçon de 6 ans en maternelle...Je fais 18h/semaine, et mes journeés de formation ont lieu le mercredi... Désolée pour le terme que je vais employé, mais c’est des conneries que votre AVS ne puisse pas rattraper la 1/2 journée perdu... ça ne tient qu’à elle, en accord avec l’instit’ de l’école... Il faut normalement en parler à l’inspecteur de l’ académie, mais c’est même pas obligé car ça peut se faire " en douce " et de plus ça m’étonnerait qu’il s’y oppose... Alors à moins qu’elle fasse d’autre heures dans une autre école, ce qui est possible, la seule autre explication serait que c’est une fainéante !!!! Désolée d’être directe... ^^ Je ne remet bien sûr pas en cause ses compétence vis à vis de votre enfant...
      Bien cordialement
      So.

    • non elle peut pas rattrapper ses heures elle ne sera pas paiyer elle va pas travailler gratis et quoi d autre dejza qu on nous refile que 600 euro de paie et elle est peu etre fainiante mais on est pas mere theresa t a cas travailler gratos si tu veux sartko il te donnera une medaille !

  • bonjour,
    je suis avs-i depuis deux ans...sur ces deux ans j’ai travaillé en lycée (enseignement général et professionnel) mais aussi en école élémentaire,en classe cliss,en collège,en classe UPI lycée aujourd’hui appelé Ulis et aussi en maternelle !!!j’ai pu ainsi voir toutes les facettes de la fonction d’avs...mais qui connait et reconnait nos fonctions ?!!
    savez-vous vraiment quel point notre statut est précaire ?
    nous sommes amenés a accompagner plusieurs élèves sur une année parfois avec des handicaps lourds, en plus de la fatigue que peut engendrer de tels accompagnements nous sommes obligés de nous déplacer(sans indemnisation de déplacement) sur nos différents lieux de travail,nous sommes également tenus de nous adapter aux différentes structures(on peut par exemple travailler en maternelle le matin et se retrouver en lycée l’après-midi)aux différents fonctionnements d’ équipes(pas toujours évident non plus)...et cela pour environs 800 euros par mois.de plus il apparait évident qu’aucune professionnalisation n’est en vue ,après six années de bons et loyaux services(statut d’assistant d’éducation)on nous dit gentille ment au revoir avec finalement peu d’espoir de faire valider nos acquis...encore moins d’avoir de vrais formations qualifiantes ,évidement certains d’entre nous passent des concours (educ spe ou professeurs des écoles) mais beaucoup ont passés l’age de reprendre des études,car il faut savoir que la moyenne d’age des avs est plus élevé qu’il n’y parait.ces personnes se trouvent bien souvent dans une situation financière peu reluisantes ,ne permettant pas ou peu d’engager un parcours de formation.Qui dans la fonction publique plus précisément dans l’éducation national accepte de telles conditions de travail ?face a cela des parents,des enfants en détresse...des enseignants parfois dépasser par les évènements...et bien sur les pouvoirs publiques qui font la sourde oreille...

    • Les pouvoirs publiques suivent le cadre lolfique (Loi organique relative aux lois de finances votée en 2001, mise en application depuis 2006) qui prévoit la réduction de moitié du nombre de fonctionnaire .

      La dégradation marquée depuis quelques années du poste AVS ( avec la réduction des horaires pour en arriver à des tiers temps qui se généralisent) en est la traduction concrète .

      Mais comme l’ accompagnement est obligatoire, l’ EN ne peut pas suspendre son service du jour au lendemain, il convient donc de dissuader les AVS de poursuivre leur boulot en faisant en sorte que le travail soit de moins en moins rémunérateur , à tel point que les [sous] contrats aidés (EVS ) paraissent préférables .

      Cette dégradation voulue et donc prévisible (depuis 2006) n’ avait et n’ a pourtant rien d’inexorable...en théorie .

      Car en théorie, le statut AVS (AED) est défendable en commission administrative paritaire, et la juste revendication sur le remboursement des frais de déplacement aurait dû émerger en contrepoint de la réduction des horaires et de la multiplication des lieux de travail .

      Une autre possibilité liée à cette représentation paritaire , serait d’avoir des stats fiables, qui prennent en compte l’ ensemble du personnel employé , et pas des données parcellaires collectées avec plus ou moins de bonheur par tel syndicat ou telle assoc .

      Comment dégager l’ intérêt général d’ employés qui sont "informes" ?

      La pérennisation du métier d’AVS pouvait répondre à cette question et mettre tout le monde d ’accord .

      Ce n’ est plus d’actualité (ça ne l’ a jamais été au sein de l’ EN en vérité puisque ce n’ est pas LOLFique )et c’est tant mieux ! Cet espoir entretenu a surtout servi de miroir aux alouettes plus qu’ il n’ a servi les intérêts des accompagnants et des accompagnés .

      Cette revendication doit rester en toile de fond, mais elle ne doit plus masquer des problèmes jugés périphériques (défraiement, plein temps ,égalité de traitement EVS/AVS...)qui doivent être traités en premier plan .

      C’est en reconquérant pied à pied le terrain "vendu" qu’ il est possible de se rapprocher de l’ objectif idéal . Par vent contraire, il faut tirer des bords ,savoir changer de cap pour atteindre son but.

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