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Nouvelle Calédonie : Les AVS (auxiliaires de vie scolaire) en grève depuis le 23 octobre

samedi 3 novembre 2007, par des précaires

Les AVS (auxiliaires de vie scolaire) sont en grève depuis le 23 octobre 2007 en Nouvelle Calédonie... et elles ne sont pas les seules à se mobiliser !
Les AVS d’Auvergne s’organisent... et seront en grève le 15/11
D’autres racontent la précarité de leur situation au sein de l’Education nationale, pendant que des parents d’enfants handicapés témoignent de l’absurdité du système
Et donc, on en vient à se poser une question toute simple : la scolarisation d’enfants handicapés est-elle compatible avec la précarité des auxiliaires ?

Le ras le bol des AVS de la province Sud

Le nom des dispositifs ou des administrations n’est pas exactement le même, mais les AVS qui se sont mises en lutte dans la Province Sud de Nouvelle Calédonie vivent la même chose que les précaires en contrats aidés (voir notre dossier à ce sujet) de France métropolitaine, ou d’autres DOM-TOM...

Les AVS calédoniennes sont recrutées par la province (sorte d’équivalent d’un conseil général), dans le cadre de plans PPIC (plan provincial
d’insertion citoyenne),
c’est-à-dire pour des emplois temporaires d’insertion dans des missions
d’intérêt général...
Dans les faits, ces AVS ont des contrats à temps partiel (32h/semaine) de 9 mois renouvelables. Pendant les vacances scolaires, elles touchent le chômage. Plus de la moitié d’entre elles font ce boulot depuis au moins trois ans, certaines sont même en poste depuis plus de 10 ans !
Elles travaillent auprès des enfants handicapés, dans les 2/3 des cas dans le primaire, le reste en collège.

Les AVS calédoniennes ont eu droit au même discours que partout : ces emplois, mal payés et sans formation, étaient censés, on ne sait trop par quel miracle, leur permettre d’aboutir à "une insertion professionnelle durable".
Le 23 octobre, appuyées par les syndicalistes de la fédération des fonctionaires, les AVS de la province sud ont dit stop, et se sont mises en grève.

Les négociations obligent les dirigeants provinciaux à dévoiler ce qui motive le maintien de la précarité

La grève est très suivie : 90 personnes sur les 110 AVS qui travaillent dans la province sud ont cessé le travail. Elles exigent la titularisation des salariées en poste depuis plusieurs années, ainsi que des revalorisations salariales (elles touchent 86 000F par mois, et estiment qu’un salaire correct se situerait aux environs de 140 000F). Le problème de la formation est également posé
Des discussions ont lieu, avec le vice-rectorat, la province sud et le gouvernement de Nouvelle Calédonie, les responsabilités étant partagées entre ces entités.

Le gouvernement propose d’ouvrir des formations, et de les prendre en charge financièrement, estimant ainsi apporter une « réponse sérieuse à une préoccupation légitime ». Ces formations doivent permettre aux AVS de « construire leur projet professionnel
 »
 : s’agit-il donc de vraies formations où on apprend, ou de vagues aides à la recherche d’emploi ?
La question mérite d’être posée, car par exemple, face à la demande de titularisation, la province évoque un programme spécial
de recherche d’emploi via le Service Emploi Formation, pour permettre, sur le papier, de trouver un emploi stable.

Car si ces emplois, dont l’utilité sociale peut difficilement être remise en cause, sont occupés par des salariées précaires pendant des années et des années, c’est que cela fait faire des économies à leur employeur (une collectivité publique). En effet, la titularisation “coûterait” 300 millions de francs en plus chaque année.
Proposition est faite par le syndicat d’une association entre la province et le gouvernement pour répartir ce "surcoût". La province refuse, car cela pourrait donner des idées aux 900 autres précaires employés dans le cadre du PPIC à d’autres missions...

La grève dure, et se durcit

Après quelques jours de grève, les négociations ayant tendance à trainer et à ne rien apporter de concret, plusieurs dizaines d’AVS installent un campement au pied de l’hôtel de la province.
Dans le même temps, la fédération des fonctionnaires pose un préavis de grève pour le personnel administratif et de surveillance de l’Education Nationale, en solidarité avec la lutte des AVS. Cela fait craindre un blocage des examens.
Mais suite aux propositions de formation, le syndicat lève son mot d’ordre. Les AVS elles sont toujours en lutte et campent.

Fonctionnaires de seconde zone ou bénéficiaires de dispositifs d’insertion en appoint ?

Les AVS calédoniennes se considèrent comme des fonctionnaires de seconde zone, sous-payées et en situation précaire, alors que les administrations persistent à les voir comme les bénéficiaires de dispositif d’insertion, exerçant une activité "d’appoint". Certaines font l’appoint depuis 14 ans, et sont obligées de travailler le week-end ou pendant les vacances pour joindre les deux bouts !

La question de l’intégration à la fonction publique se heurte donc à un mur. Et les réponses apportées en terme de formation risquent de ne pas mettre fin à la précarité, car ce qui est envisagé, c’est la mise en place des filières de formation pour acquérir une vraie compétence et une vraie polyvalence vis-à-vis des personnes dépendantes. Et donc, à terme, bosser un coup dans les écoles avec les enfants handicapés, un coup dans un hôpital, ou dans une maison de retraite auprès de personnes âgées... sans qu’aucune réponse sur le statut et les conditions de travail soit apportée.

L’herbe est-elle vraiment plus verte ailleurs ?


Les Nouvelles Calédoniennes, dont le site reprend les différents articles couvrant cette lutte, évoquent à plusieurs reprises le statut des AVS en métropole, soulignant qu’il s’agit de postes ouverts aux étudiants, un travail accompagnant leurs études, ce qui ne poseraient pas les mêmes problèmes.
Or on sait que si certains AVS sont effectivement des contractuels de la Fonction Publique (ce qui est déjà un statut précaire, et n’empêche pas les personnes employées ainsi de soulever de nombreuses revendications, comme ce qui se passe en Auvergne), de plus en plus cette fonction est asurée par des précaires recrutées en contrat aidé sous le statut EVS, ce qui se rapproche nettement plus de ce qui se passe en Nouvelle Calédonie.

Messages

  • Bonsoir, je suis moi même avs depuis 2001 à marseille. notre statut était au départ un cec (contrat emploi consolide) Nous travaillons 30 heures par semaine en milieu scolaire (accompagnement à la cantine, également sortie extra scolaire ) et en centre aéré. depuis 2006 j’ai été titularisée. La ville de MARSEILLE emploie aussi "ses" avs pour la baignade en tiralo des personnes handicapées l’ été. Pour en revenir à l accompagnement des enfants handicapés en milieu ordinaire, l’école est primordiale pour eux ainsi que pour ouvrir l’esprit de tolérance et de solidarité à tous nos petits citoyens. l’intégration doit donc s’étendre impérativement dans les activités ludiques où les relations s’approfondissent de manière durable ; qu’elle prenne vie soit en centre aéré soit en colonies de vacances. Alors l’emploi des avs est indispensable pour l’avenir de Nous Tous. Nous sommes aux prémices d’un profond changement des mentalités et j’espère que les décideurs sauront évaluer le Bénéfice incommensurable de leur investissement le plus rapidement possible car d’après la situation décrite chaque jour de passé est un jour de perdu pour Nous Tous. Vous pouvez m’écrire à l’adresse email qui accompagne ce commentaire pour toute question ;je serai ravie de pouvoir vous répondre ; a bientôt.

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