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Une boite d’interim logée dans un Pôle emploi vend du vent et de vains espoirs

mardi 13 octobre 2009, par un précaire

Je viens de me faire duper par une agence d’intérim. L’agence en question c’est Randstad. Elle gère le recrutement de toutes les Fnac sur Paris.

Lundi 21 septembre : cession de recrutement à l’ANPE (une agence de travail précaire qui a ses locaux réservées à l’Agence Nationale pour l’Emploi [1], rien que du normal !). Je passe un entretien, je suis engagé comme caissier. Je suis super heureux. Yels vont me placer dans une Fnac parisienne.

Déjà deux remarques sur la fiabilité de cette agence : premièrement, yels recrutent par SMS ! (en te faisant lorgner des postes à pourvoir im-mé-dia-te-ment) Deuxièmement, le jeune responsable du recrutement : arrivée en retard à la cession de recrutement, l’air dans le pâté le plus opaque, je l’aurais croisé dans cet état à 3h du mat à la sortie d’un bar, je dis pas, mais là sa difficulté à articuler faisait tâche. Voyez la scène : "N... nous sommes ztrès strictes. Si votre com... portement ne convient pas le contrat ser... sera rompu. Pas question de venir au travail avec la gueule de bois (pour dire les choses)" Les jeunes recrues obligées d’acquiescer : "Sir, yes, sir !"

Etrange aussi comme le "immédiatement" de l’annonce vaut aussi bien pour le 3 juillet, que pour le 31 août et que pour le 16 septembre. Yels m’ont envoyées ainsi 3 SMS à ces différentes dates (que j’ai pris soin de conserver).

J’en arrive petit à petit au climax.

Malgré tout, je pars content de l’agence. J’ai de l’espoir, ce que j’apprécie car j’en ai cruellement manqué ces derniers temps. Et il y a de quoi faire naître l’espoir lorsqu’un chargé de recrutement vous dit que l’on vous rappelle sans doute dans l’après-midi pour préciser les ultimes renseignements concernant votre job : le magasin, la durée du contrat, le montant du salaire évidemment, etc., etc. Moi et les autres postulants on en a vu qu’un de "responsable" du recrutement mais yels travaillent à deux. En même temps qu’il nous faisait son prêche, l’autre évaluait avec la Fnac leurs besoins de personnel.

Evidemment, toujours rien de signé. Mais est-ce vraiment la peine de préciser ?

Vendredi 25 septembre (soit 4 jours après qu’yels auraient dû m’appeler) : Sa collègue m’appelle pour m’annoncer la bonne nouvelle. Mais il m’a fallu les relancer une fois le mardi précédent pour m’assurer que yels ne m’avaient pas oublié. D’abord elle me répète que je suis bel et bien engagé par Randstad. J’apprécie la redondance. J’obtiens un boulot à la Fnac St-Lazare qui, soit dit en passant, me satisfait au-delà de mes attentes puisqu’il s’agit du poste de vendeur vidéo, domaine où j’ai fait mes premières armes et qui m’intéresse toujours autant. Je commence dès le lendemain (pratique connue des agences d’intérim, je ne me formalise pas). Je travaille une seule semaine pour commencer puis un contrat substantiel de trois mois qui commence mystérieusement une semaine après. Je dis OK.

A peine avais-je raccroché que mon téléphone sonne à nouveau. Elle rectifie : elle avait "mal compris" ses interlocuteurs de la Fnac, je ne commence plus que le 6 octobre. Toujours pour trois mois.

Elle doit me rappeler une dernière fois avant le 6 octobre pour régler les derniers détails (heure, personne à qui se présenter, etc.).

Je laisse éclater ma joie en mettant tous mes proches, tous mes amiEs au courant de mon nouvel emploi et surtout de la perspective d’une rémunération assurée pendant au moins trois mois. Je commence à bosser sur ce nouveau travail, me former tout seul car il n’y a pas de formation prévue sur place. Je revois mes cours de fac sur la vidéo, j’étoffe mes connaissances dans ce domaine en récoltant les informations dont j’ai besoin sur Internet. Arrivé le lundi, je suis prêt, en tout cas pour commencer. Ne m’ayant toujours pas rappelé à 16h30 le lundi 5 octobre, je prends l’initiative.

Ma référante, à l’Ouest, me répond en me demandant de répéter mon nom car ça ne lui
disait rien de prime abord. Elle aurait oublié de me rappeler. Tant qu’elle me tient au bout
du fil, elle en profite pour m’annoncer que le contrat est annulé. Oui, il y aurait eu des compressions
budgétaires. C’est intervenu en l’espace de quelques jours. La Fnac aurait décidé cette
mesure économique sans que ma référante hyper compétente ne l’ait vu venir ! Elle me
fait sentir qu’il ne faut pas trop creuser. Pendant que je ravale tant bien que mal ma colère
et mon indignation, elle ne se perd pas en excuse, elle est bien trop pressée. Je l’ai bien
compris : tant qu’elle "s’occupe" des pauvres, ça n’est pas elle-même une pauvre. Le seul
message tourné vers l’avenir c’est : "Je réorganise actuellement les dossiers de tous les
intérimaires", elle ne peut pas trop m’en dire (ah, bon ?, c’est inscrit où dans le droit ?) mais
elle a besoin d’encouragement. Je n’ai toujours reçu aucune nouvelle côté agence à l’heure
qu’il est.

Que faire ? Est-ce que tous les engagements qui se nouent oralement ne valent rien ? Est-ce que tous les entretiens, engagements, promesses, tout cela peut être cassé aussi rapidement que cela a été créé ? Est-ce que le droit du travail n’encadre pas ces rapports ? Les agences d’intérim ont-elles le droit ainsi de piétiner leurs engagements ? Quels sont mes moyens de contestation ?


Réponse d’AC !

Le droit du travail est bien mal en point en ce moment et, à première vue, sans écrit d’aucune sorte, il n’y a rien à espérer au niveau des Prud’hommes.

Si vous souhaitez aller collectivement demander des comptes à votre
ANPE, vous pouvez passer à notre permanence. Soyons clairs, vous
n’obtiendrez sans doute pas grand chose à titre personnel (à part de
plates excuses, éventuellement), mais par contre la dénonciation
publique de cette histoire peut faire que l’ANPE change ses pratiques
au moins temporairement ainsi que
l’agence d’intérim.

Parce que les propositions bidon de ce genre et les convocations
impératives par SMS sont légion sur Paris, à l’heure actuelle.


[1Villa Compoint dans le XVIIIe arrondissement

Messages

  • Bof, ça ne déroge pas à ce que je vis tous les jours.

    Je ne compte plus les intérimaires qui débarquent dans mon bureau pour avoir "leur" scooter (mon asso. loue des scooters aux précaires) parce que c’est la condition de l’agence d’intérim pour avoir une mission. Si t’as pas ton scooter mis de côté bien au chaud pour toi, tu n’auras pas de mission.

    Y’a pas de boulot, donc les agences ne peuvent plus remplir leur rôle avec toujours plus d’intérimaires venant s’inscrire donc ont trouvé la parade. Si l’asso. ne peut pas louer, alors pas de travail, donc l’asso. responsable.

    Et comme, j’ai tendance à remettre les petits nanas et les petits précieux des agences à leur place, ils ne prennent même plus la peine de téléphoner eux-mêmes mais m’envoient une cohorte d’intérimaires tous pris au piège de ce chantage.

    Je vous souhaite bon courage.

  • Travaillant dans une agence d’intérim je ne peux qu’être désolé de voir ça...

    Je comprends votre énervement mais sachez que toutes les agences ne sont pas les mêmes.

  • Bonjour, salarié de la Fnac je suis surpris du traitement des intérimaires qui est fait par Randstaad. Actuellement certaine Fnac semble profiter de cette manne humaine pour s’en servir de mouchoir ( agressivité, pressions excessives...). Pour nous employés cela semble aux antipodes des habitudes de la maison, cela dit sur Paris un plan social est en cours les budgets sont revus au jour le jour, Randstaad ne peut effectivement pas promettre un poste qui n’est que prévisionnel, certain Intérimaires qui ont travaillé sur plusieurs magasin nous remontent parfois des situations qui devrais faire bondir les syndicats, malheureusement trop occupé avec le plan social...

    Courage à vous les Randstaadiens

  • Venant de la part de Ranstad, cela n’a rien d’étonnant.

    J’espère ne pas faire un hors sujet mais il y a quelques années, j’ai été débauché par une de leur agence ; j’ai obtenu des renseignements à ce sujet et à priori, cela est interdit.

    Bref, j’étais en "poste précaire" et il m’ont rappelé car j’avais répondu à une de leur annonce peu de temps auparavant. Je correspondais exactement à leur recherche actuelle et le salaire était nettement plus interessant ainsi que la durée du contrat.

    Je n’ai pas hésité un seul instant ; la déception fut lourde "de conséquences".

    Lors mon entretien au sein de leur agence, ils m’ont rétorqués que mon CV ne convenait pas et ont gravement dévalorisé mon expérience (chose courante de nos jours).

    Bref, je suis repartie sans mission et avec un abandon pour l’autre contrat suite à leur débauchage. Cela me porte toujours préjudice.

    Je suis maintenant chomeur de très longue durée, notamment pour abandon ou refus de mission car je trouvais "mieux".

    Bon courage à tous.

  • Bonsoir à tous ceux qui me liront,

    J’ai été très interpellée par vos messages, et je me sentais dans l’obligation de vous faire part de ma récente expérience avec Randstad, puisque c’est de cela qu’il est question.

    Et je tâcherai d’être brève et claire.

    La semaine dernière, jeudi précisément, je suis allée m’inscrire chez Randstad près de chez moi.
    Après avoir fait connaissance, la conseillère me demande : "quand seriez vous prête à travailler ?", je lui réponds "Dès que vous le souhaitez". Alors elle me lance :"parfait je vous fais démarrer lundi dans une société (un labo pharma, ce que je recherche) près de chez vous...". Je suis ravie et ne cache pas mon enthousiasme car je la trouve rapide et efficace (à peine inscrite, déjà sur une mission, c’est super !!!!!!).
    Je ne sais pas encore que ma joie va être de courte durée !

    Bref, elle me demande de revenir quand même le lendemain avec un tas de documents pour enregistrer mon dossier administratif, et repasser des tests (bidons à souhait) pour valider ma capacité (après deux dans ce domaine et des diplômes) à travailler en labo pharma.
    En bonne élève j’accepte et je joue le jeu.

    Je me pointe donc à l’agence le lendemain (le vendredi), et là elle me dit :
    " la mission ne démarrera pas lundi mais plutôt mardi", elle invoque, alors, une raison bidon, dont je ne comprends pas le sens, mais peu importe, je suis motivée et pas à une journée près.
    Je me dois de préciser qu’auparavant, j’ai passé deux heures et demi, sans un sourire, sans un verre d’eau, sans la moindre considération en fait dans leurs locaux à passer des tests tous aussi inutiles les uns que les autres !!!!!

    Elle propose, alors, de m’appeler lundi pour régler tous les détails (horaires, personne à rencontrer...etc), puisque je commence mardi. Pas de problème, ça me convient.

    Lundi, 16h30, toujours pas d’appel, inquiète je le suis, je suis censée commencer le lendemain, alors je prends l’initiative de l’appeler.

    Quelle ne fut pas ma surprise !
    Elle m’annonce qu’elle ne m’a pas appelé, car en fait elle n’avait pas d’éléments à me transmettre concernant la mission, celle ci ne commençant pas le lendemain comme prévu, mais plus tard certainement, mais elle n’a pas de date !!!!!!! Je suis alors abasourdie, il n’y a plus de mission !!!!! et là encore elle invoque des raisons toutes aussi bidons les unes que les autres, l’entreprise n’a pas signé les procédures, les protocoles ????? Procédures et protocoles de quoi ???? INSENSé, c’est du chinois !!!!!

    En fait, elle essaie juste de faire passer la pilule, car finalement je comprends que la mission ne commencera PAS DU TOUT !!!!!!
    Mais elle assure, alors, qu’elle me tiendra au courant dès que la situation se débloquera !!!!! Absolument pas consciente du fait qu’elle m’a donné L’ILLUSION que j’allais enfin sortir de la galère d’être sans travail. Elle ne m’a proposé que du rêve, elle n’avait rien de tangible. Et même pas la correction de m’appeler pour me prévenir.

    Je souhaiterais juste par mon témoignage, dénoncer le fait que certaines personnes se sentant bien à l’abri (derrière leur petit bureau) d’être un jour dans une situation précaire, profite du désespoir d’autres personnes, et n’ont aucun respect pour celles-ci, au contraire, on sentirait presque du mépris, et la crainte de nous voir, nous précaires, comme des êtres contaminés et contagieux. La galère étant peut-être une maladie qui s’attrape !!!!!

    J’exècre tout ce petit monde et encourage les autres à se battre pour leur dignité.

    Bien à vous chers lecteurs.
    Une précaire d’Eure et Loir.

  • ne prenez pas les boites d’interim comme moyens pour vous sortir de la galere, de plus ceux qui travaillent dans ces boites sont de petits merdeux hypocrites faux culs, precieux avec un language sirupeux, je te sourit par devant et je te la met porfond par deriere... y’a pas de salut sur la terre, comptez que sur vous memes, et avez une longuer d’avance sur la societe autrement vous allez a la ramasse

  • bonjour je pense que personne ne lira mon message car le sujet et tres vieu mai tans pis
    je suis interimaire chez randstad depuis 2004 j ai toujours travaillé depuis un an c est plus dur bcp moin de travail debut janvier je suis convoqué dans mon agence on me propose de passer le permis poid lourd un tres belle formation je dis oui sans reflechir je mme dis super oportunité je vais changer de vie le pied
    debut fevrier debut de formation 3 moi de formation intense bcp de boulot perso mai bon fin avril permis obtenue je m empresse de telephonner a ma famille pour leur annoncer la nouvelle et du meme coup j apelle ma boite d interim je leur annonce que j ai obtenue mon permis c et je leur glisse un merci dans la conversation leur souhaite un bon wwek end il me disent de passer le mardi apres midi chose que je fais avec les 4 autres personne qui on eu le permis avec moi
    on nous offre un café nous promet mont et merveille et la le 23 mai gros gros souci je suis convoque on me reproche que je leur ai pas dit merci il son vexé car je les ai pas remercier pour le permis et me propose pas de mission sachant que j ai signé un engagement de 3 moi du a la formation qu il mon payé la je comprend pas se que j ai mal fait je vois pas j ai pas dit merci merci de quoi merci d avoir fai votre boulot la je suis en rogne il m on parlé comme a un chien enfin je vois que je suis pas le seul sa me rassure enfin vive randstad la je sais pas se que je doit faire
    bonne soirée

    • Ne vous inquiétez pas, s’ils vous ont payé une formation, c’est pour vous utiliser. Ils n’ont peut-être tout simplement pas de demande actuellement. Envoyez leur une lettre recommandée avec accusé de réception, leur précisant que vous êtes à leur disposition mais que s’ils ne vous procurent pas de travail dans un délai d’un mois, vous vous considérez libéré de vos obligations à leur égard.

    • Tactique classique de culpabilisation.

      Comme dit Monique, ils ne peuvent pas honorer leurs engagements alors ils veulent vous faire croire que vous n’aurez rien tant que vous n’aurez pas dit merci !

      Ces attitudes digne de cour de maternelle déroutent quand on n’a pas l’habitude mais il est très facile de renvoyer la baballe. Suivez le conseil de Monique et rappelez-leur leurs engagements.

      Ce qu’ils cherchent c’est vous énerver afin de vous expulser de l’agence, ainsi, ils seront dégagés de leurs obligations ; vu que c’est vous qui serez l’entier responsable de votre éviction.

      Bon courage, je sais par expérience qu’il est dur de ne pas répliquer par des moqueries.

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