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Chômeurs, intermittents, précaires, ni destruction, ni « sauvetage », de nouveaux droits !

mercredi 26 février 2014, par Coordination des Intermittents et Précaires

« Je pense aussi que vous pouvez me reprocher d’avoir fait la part trop grande aux choses matérielles (…). Ce sont des faits terribles, mais regardons-les en face. Il est certain, bien que ce soit déshonorant pour nous comme nation, que par suite de quelques défauts dans notre communauté, le poète pauvre n’a pas de nos jours, et n’a pas eu depuis deux cents ans, la moindre chance de réussite... Un enfant pauvre en Angleterre n’a guère plus d’espoir que n’en avait le fils d’un esclave à Athènes de parvenir à une émancipation qui lui permette de connaître cette liberté intellectuelle qui est à l’origine des grandes œuvres. C’est cela même. La liberté intellectuelle dépend des choses matérielles. La poésie dépend de la liberté intellectuelle ».Retour ligne manuel
Une chambre à soi, Virginia Woolf.

Plus de la moitié des chômeurs, intermittents ou non, sont actuellement non indemnisés. C’est l’un des moyens - décisif- par lesquels se construit une société de concurrence où chacun est conduit à s’opposer à tous les autres.

Nous ne voulons pas être sauvés

Alors que le Medef déclare que les patrons ne sont en rien redevables des 30 milliards que le gouvernement leur a donné, le ministre de l’emploi ne se prononce pas sur les mesures justes et adaptées aux intermittents proposées par un grand nombre des principales personnes concernées [1], sous prétexte de ne pas brusquer des « partenaires sociaux » supposés en décider seuls.
Pourtant, le Medef préconise que l’Etat compense la perte de droits résultant de la suppression des annexes 8 et 10 de l’Unedic. L’objectif de l’organisation patronale est clair : tous précaires et sans droits sociaux. Et cela au nom de l’équité ! Ce que l’on risque c’est, comme souvent par le passé, qu’au nom du « déficit », on prétende « sauver le régime » en enfonçant/déglinguant ceux qui en dépendent.

Selon nous, toute personne a droit à des conditions d’existence dignes. Or, aujourd’hui, si l’on excepte les nantis, seuls ceux qui bénéficient d’emplois stables et durables avec des salaires corrects et de bonnes conditions de travail, sont dans ce cas…
L’objectif du Medef est d’instaurer une flexibilité généralisée en rognant et cassant les droits de ceux qui alternent chômage et emplois afin de disposer d’une main d’œuvre corvéable à merci. Le Medef s’emploie tout bonnement depuis 20 ans à supprimer les annexes 8 et 10 car, par delà tous les arguments comptables [2], il s’agit pour eux d’en finir avec l’idée même qu’une protection sociale un tant soit peu adaptée aux caractéristiques de l’emploi soit possible.

Les néolibéraux ont un projet de société bien défini [3] qui leur permet de penser les choses sur la durée et de manière stratégique : séparer les artistes et techniciens en 2003 n’avait d’autre objectif que de préparer la sortie des techniciens du régime de l’intermittence. Après les attaques répétées de la cour des comptes, la mise en place de l’ANI (Accord sur la compétitivité et la sécurisation de l’emploi), la CGPME (un des trois syndicats d’employeurs représentés aux négociations) a fait le premier cette proposition. Le Medef la radicalise en réclamant purement et simplement la suppression les annexes 8 et 10. Et comme de coutume, ce train là en cache un autre. Les soit disant « négociations » en cours montreront bientôt à quoi une telle provocation est-destiné à préparer la voie… Au vu de la politique d’austérité actuelle, il se pourrait bien que l’on cherche à rogner les droits de tous les « chômeurs en activité à temps réduit », de plus en plus nombreux, et pas ceux des seuls intermittents du spectacle.

De deux choses l’une, soit nous sommes gouvernés par des aveugles, soit les socialistes sont totalement hypnotisés par l’idéologie néolibérale et sa société de concurrence. Nous osons encore espérer qu’il n’en soit pas ainsi. Et si tel était néanmoins le cas, nous n’aurions d’autre choix que de tout faire pour l’empêcher.
Les salariés à l’emploi discontinu ne doivent pas subir les effets d’une crise dont ils ne sont pas responsables mais bénéficier d’un régime d’assurance chômage correct afin de pouvoir vivre, travailler, se projeter dans l’avenir.
Le Medef a ouvert le bal. Oui les contrats courts et la discontinuité ne sont pas limités aux intermittents du spectacle, 80% des embauches actuelles s’effectuent en CDD, l’intermittence est le quotidien des chômeurs et précaires.

Avec les réformes actuelles sur la flexibilité et l’assurance chômage le gouvernement est confronté à un choix historique : laisser les stratégies néolibérales se déployer à grands renforts des préconisations caricaturales de l’OCDE (selon eux « la France doit inciter les seniors à travailler » ), ou bien opter pour une autre société que celle de « la guerre de tous contre tous », une solidarité permettant à la fois de vivre au présent et de penser le futur. Après des décennies de précarisation, il est tout simplement indispensable d’obtenir un système juste et mutualiste pour les intermittents du spectacle et de refonder les droits sociaux de tous les chômeurs et autres salariés à l’emploi discontinu.

Le rapport de force semble défavorable à la solidarité. Mais des printemps arabes et québécois au soulèvement ukrainien, on vérifie que jamais un ordre social inique ne pourra être assuré d’éviter sa mise en cause, voire son effondrement.

25 février 2014

Coordination des Intermittents et Précaires (idf)

Rdv jeudi 27 février à 14h à Palais Royal pour aller au Medef

Faites passer le mot, aux collègues, amis, voisins, soyons nos propres média !

D’autres rdv dans diverses villes.

Messages

  • Les intermittents donnaient un mauvais exemple aux autres travailleurs, il fallait démanteler les annexes 8 et 10, ce qui a été en grande partie fait en 2003, puis en 2006.

    Aujourd’hui, c’est l’annexe 4, celle des intérimaires, que le Medef se propose de supprimer, en même temps que les annexes 8 et 10. Ce sont ces mêmes intérimaires qui, aujourd’hui, sont, à leur tour, accusés de parasiter l’Assurance-Chômage, de choisir leurs emplois, d’organiser leur temps de travail.

    Au-delà du grotesque de ces accusations, bien éloignées des pratiques d’emploi subies dans l’intérim, qui ne sont pas toutes, loin s’en faut, paradisiaques, on peut rétorquer que oui, on a le droit de ne pas avoir envie d’accepter une mission d’une heure payée 12€50, pour décharger un camion situé à quatre-vingt kilomètres de son domicile, et que, en général, oui, on a le droit de choisir son travail.

    Lors de la prochaine négociation Unedic, que réclamera le Medef ? La suppression de l’assurance-chômage ? L’abrogation des droits sociaux ? Trois millions de personnes de tous sexes, voire de toutes nationalités, prétendent toucher un revenu sans travailler ?

    Voilà un privilège que le Medef aura à cœur d’abolir, au nom de la sacro-sainte lutte contre les déficits [1]car, en effet, les comptes de l’Unedic seront enfin apurés, lorsque les employeurs n’auront plus de cotisations sociales à payer et les chômeurs d’indemnités à encaisser….

    « Le patronat veut rendre des gens fragiles et pauvres encore plus pauvres », 5 minutes cipiennes sur LCI le 27 février 2014

  • Le « tournant de la rigueur » socialiste date de
    1982 (voir30 ans avant le « pacte de responsabilité »... Gattaz & Fils : Bluff repetita placent - L’Humanité), année où La CFDT et le PS ont diminué les droits de tous les chômeurs, pour « sauver l’Unedic »...
    C’est de ce moment que date des « filières d’indemnisation » qui lient étroitement la durée d’alloc’ à la durée antérieure d’emploi, ce qui n’était pas le cas précédemment.
    C’est cette décision qui a été à l’origine de ce qui fut appelé les "Nouveaux pauvres" durant toutes ces années 80 où l’entreprise ( remember Tapie) fut glorifiée par le parti au pouvoir.
    C’est à ce moment que la majorité des chômeurs deviennent non indemnisées.

    Aujourd’hui, le principe central qui règle le fonctionnement de l’Unedic, c’est « un jour cotisé, un jour chômé ».
    Merci patron.

  • JEUDI 20 MARS
    Cette séance de « négociations » entre partenaires « sociaux » sur l’assurance-chômage pourrait se prolonger le 21 mars

    Paris, 14h, Place de l’Odéon pour aller au MEDEF derrière une banderole Contre le patronat, de nouveaux droits , avec les associations de chômeurs et précaires en tête de manif.

    Quelque soit l’issue de leur « négociation », on sait que le Médef attend le moment opportun pour supprimer les annexes 8 et 10, l’annexe 4 des intérimaires et plus généralement tous les dispositifs offrant une protection sociale dans l’intermittence de l’emploi.

    Il ne fait pas de doute que sous prétexte de « sauver l’assurance chômage » la CFDT signera à nouveau un protocole dégradant le sort des chômeurs.

    Nous ne pouvons accepter qu’à chaque négociation les droits des chômeurs et précaires sombrent peu à peu.

    Si un accord est signé sans que nos propositions soient retenues, nous devrons amplifier la mobilisation pour que le gouvernement n’agrée pas un accord entérinant à moyen terme la destruction programmée des droits sociaux.

    Nous exigeons que les propositions des premiers concernés soient entendues et appliquées lors de cette négociation.

    Les festivals approchent. Un préavis de grève reconductible a été déposé pour le 20 mars, des actions, des assemblées générales et des manifestations sont prévues dans toutes les régions.

    Avignon 10h30
    Besançon 14h, Place de la Révolution
    Clermont-Ferrand 14h, Préfecture
    Lille 16h, pl du Général de Gaulle
    Limoges 13h
    Lyon 13h, Bellecour
    Marseille 14h, Kiosque à musique des Réformés, haut Cannebière
    Montpellier 12h, pl Paul Bec
    Nancy 10 h, place Maginot, départ en action 11h au max
    Nantes
    Nice 14h, parvis du Théâtre national
    Pau 13h30, place Verdun
    Reims 10h, Maison des syndicats
    Rennes 14h, pl de la Mairie
    Rodez
    Rouen 10h, pl du Général de Gaulle
    Strasbourg 15h, pl Kleber
    Toulouse
    Valence

  • Je touche aujourd’hui le smic en intermittent du spectacle et je ne suis pas sur de trouver du taff tous les mois alors il faut absolument maintenir ce régime

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