AC ! Réseau - Agir contre le chômage et la précarité

Accueil > Contrats "aidés" : CAE, contrat d’avenir... > Les précaires de l’Education Nationale à la Direction Générale du (...)

Les précaires de l’Education Nationale à la Direction Générale du Travail

mercredi 18 juin 2014, par AC ! Ile de France

Une cinquantaine de précaires de l’Education Nationale, dont une majorité d’AVS en charge de l’accompagnement des enfants en situation de handicap ont occupé bruyamment et joyeusement la Direction Générale , quai André Citröen à Paris.

Soutenus par AC ! Ile de France et SUD Education, nous avons manifesté toute la matinée et une bonne partie de l’après-midi, et recueilli le soutien de nombreux salariés du site, à qui nous avons pu faire part de nos conditions hallucinantes d’embauche et de travail.

Bien évidemment, le Ministère du Travail a dans un premier temps tenté de nous renvoyer vers le Ministère de l’Education Nationale : mais quand nous interpellons Benôit Hamon, celui-ci nous répond par courrier qu’il ne peut rien faire pour la titularisation des salariés en CUI-CAE, ni même pour des renouvellements de contrat, puisque c’est le Ministère du Travail qui fixe les règles concernant ces CDD de droit privé.

Et c’est la même chose pour les salariés qui demandent une indemnisation légitime du préjudice subi suite aux non-versements de salaires survenus en début d’année : les rectorats ne veulent rien faire, car ce serait le Ministère du Travail qui n’aurait pas versé les subventions au salaire pendant des mois !

Nous ne sommes pas des balles de ping pong jetables , nous exerçons des emplois répondant à des besoins constants, la précarité qui nous est imposé est absurde et injuste, et nous ne l’acceptons plus. Comment tolérer par exemple, que le représentant de la Préfecture de Région nous envoie des courriers affirmant qu’"AVS n’est pas un vrai métier " : les salariés en poste pendant des années seraient donc de faux travailleurs, qui ne valent pas qu’on respecte leurs droits ?

En tout cas, aujourd’hui la lutte c’était pour de vrai : et après moultes tentatives pour nous décourager, on nous a accordé un rendez-vous pour la semaine prochaine.

Puisque seule la lutte paye, la lutte continue !

Voici le communiqué diffusé sur place

AVS en COLERE

En contrat de droit privé ( CUI-CAE ) ou en contrat de droit public ( AESH), on nous avait promis beaucoup de choses à l’embauche.

Un salaire ? Nous sommes en temps partiel et en dessous du seuil de pauvreté. A Paris, les Auxiliaires de Vie Scolaire font 24h payées 20 H. Certains d’entre nous sont endettés, menacés d’expulsion de leurs logements, privés de mutuelle à cause de retards de salaires de plusieurs mois en début d’année. D’autres ne perçoivent pas les indemnités légales de remboursement des transports.

Une formation ? Obtenir une formation choisie relève du parcours du combattant, et la règle selon laquelle le contrat doit être prolongé jusqu’à la fin de la formation n’est pas toujours respectée. Les formations ont souvent lieu le mercredi : or les rectorats savent très bien que beaucoup d’entre nous ont des enfants et pas de mode de garde en dehors du temps scolaire, ou sont obligés de prendre un second emploi pour survivre.

Une « Cdisation » ? L’avancée sociale promise l’année dernière, un vrai statut pour les personnels accompagnants des enfants handicapés se traduit, dans les faits, par une possibilité de conclusion d’un CDI...au bout de six ans de CDD de droit public, les deux ans éventuels de CUI-CAE ne donnant droit qu’à la case Pôle Emploi. En effet le Ministère nous a dit qu’il ne comptait recruter en AESH qu’environ 300 des 50 000 salariés en CUI-CAE actuellement en poste dans les établissements scolaires. Quant aux AESH en contrat de droit public, très peu verront leur contrat renouvelé cinq fois de suite. L’année dernière des milliers d’entre eux ont été licenciés sur l’Ile de France avant d’atteindre ce stade.

Une « insertion » ? L’immense majorité des précaires aux contrats non-renouvelés retournent vers le chômage. Les plus « chanceux » se retrouveront six mois ou un an plus tard avec un autre CUI-CAE, un autre emploi d’avenir dans l’Education Nationale ou dans une autre administration publique, ou même chez des employeurs privés. La spirale des contrats aidés n’a pas de fin : ainsi le Ministère nous annonce 30 000 nouveaux CUI-CAE pour la rentrée dans les Education Nationale....pendant qu’on licencie ceux arrivés en fin de contrat de deux ans.

Dans l’Education Nationale, comme ailleurs, nous n’acceptons plus nos statuts précaires, la misère et la galère au quotidien. Que nous ayons exercé un an ou six ans, que nous soyons en CUI-CAE ou AED, on nous a recruté parce qu’on avait besoin de nous, auprès des enfants ou des directions d’établissements. Ce besoin ne disparaît pas, il s’amplifie, les CDD n’ont donc pas raison d’être. Nos emplois sont essentiels au bon fonctionnement de l’Education Nationale, ce sont de vrais métiers, alors il faut les vrais salaires et le respect des droits qui va avec.

Toute notre solidarité à tous les chômeurs, précaires et intermittents en lutte, et notamment à la centaine d’AVS-EVS d’Avignon en lutte pour leur maintien en poste, aux AVS d’Agen mobilisés aujourd’hui et aux CUI-CAE de la Région Ile de France employés dans les établissements scolaires qui ont fait grève la semaine dernière.

-En CUI-CAE ou AESH, la titularisation ou le renouvellement de contrat selon les souhaits des salariés
- Un vrai métier, un vrai salaire.
- Respect du droit du travail, du droit à la formation,
- Fin du temps partiel imposé.

Rappel : Permanence tous les samedis de 12h à 14h au local de Sud Education, 30, bis rue des Boulets Paris.

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.